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Présentation/Presentation

Mardi 14 avril 2009

Le groupe de recherche Axe Civilisation Britannique, composante de l’équipe d’accueil Anglophonie : Communautés et Écritures  (Université de Rennes II) et le Centre Bentham (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) organisent les jeudi 4 et vendredi 5 juin 2009 à l’Université Rennes II un colloque intitulé « Deux siècles d’utilitarisme ». Programme

L’utilitarisme reste globalement mal connu en France où il est réduit à quelques figures et positions souvent caricaturales qui continuent de déprécier son image. Cette attitude tranche avec un nombre important de théories, majoritairement anglo-saxonnes, qui lui reconnaissent un statut privilégié de source d’inspiration ou de rival. Il constitue ainsi, du point de vue théorique, une tradition et un tournant philosophique majeur. Du point de vue pratique, il compte parmi les doctrines qui ont le plus d’effets juridiques et éthiques.

Si des penseurs développent des réflexions utilitaristes dès l’Antiquité dans le domaine de dl’éthique ou de l’ontologie, l’utilitarisme, au sens où nous l’entendons, se constitue avec Jeremy Bentham.  Il le formule dans l’expression du principe d’utilité visant la « maximisation du plus grand bonheur du plus grand nombre ». Bentham en systématise l’application, étend ses champs d’intervention et l’érige en principe premier de son système philosophique dans l’Introduction aux principes de morale et de législation publiée pour la première fois en 1789.

Les penseurs utilitaristes entendent fonder l’éthique sur l’idée que la valeur morale d’une action se détermine par sa contribution à augmenter ou à diminuer le bonheur général. En plus d’être une théorie morale, l’utilitarisme étend son champ d’application à différentes sphères théoriques et pratiques telles que la politique, le droit, la philosophie de l’action, l’économie ou la sociologie.

Ce colloque a pour objet et pour ambition de s’interroger d’une part sur les racines de l’utilitarisme et d’autre part sur son héritage, ses mutations et ses développements. Plus de deux cents ans après l’Introduction aux principes de morale et de législation, qu’est devenu l’utilitarisme ? Quelles transformations les figures emblématiques de l’utilitarisme benthamien : le « felicific calculus », les concepts de bonheur, de plaisir, de bien-être, et le panoptique ont-elles subi ?  Est-il vrai que, selon Tim Mulgan, « la question la plus importante qui divise les utilitaristes est la définition du bonheur ou du « bien-être » ou de « l’utilité » ou de « ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue » » ? (Understanding Utilitarianism, Stocksfield : Acumen, 2007) 

Dans la perspective de ces questionnements, nous encourageons la confrontation de points de vue interdisciplinaires (études anglaises, philosophie, sociologie, droit, économie, histoire etc.) sur les grandes questions politiques et sociales (justice, démocratie, droit international, droits, économie politique, éthique etc.). Nous souhaitons par ailleurs que s’engage un rapprochement entre les utilitaristes classiques (Bentham, Mill, Sidgwick) et les utilitaristes du XXe siècle (Hare, Moore, Singer).

On pourra par ailleurs se pencher sur les thématiques suivantes (non exhaustives) :
- L’exigence, le paternalisme, le sacrifice : l’utilitarisme est-il une théorie morale extrême ?
- Utilitarisme et éthique appliquée : éthique animale, éthique de l’environnement,  bio-éthique, éthique médicale etc.
- Le conséquentialisme.
- L’intégration ou l’exclusion des calculs utilitariste et déontique ainsi que les considérations téléologiques dans le raisonnement pratique.
- Utilitarisme et protection de l’individu.
- L’universalisme et le particularisme.
- Utilitarisme(s) de l’acte, de la règle, de la préférence.
- L’utilitarisme et le concept de mérite.
- L’influence politique de l’utilitarisme.
- Utilitarisme et intervention / non-intervention de l’état.
- Utilitarisme et droit international.
- Utilitarisme et justice distributive. 

Les intervenants pourront s’exprimer en français ou en anglais.


The international conference on Two Centuries of Utilitarianism will be held by the research group Axe Civilisation Britannique (University of Rennes II) and the Centre Bentham (University of Paris Ouest – La Défense) on June 4 – 5 at the University of Rennes II.

Utilitarianism remains largely misunderstood in France where it has been reduced to a couple of caricatured position which disparage its image. This attitude is at odds with a number of dominant theories taken mostly from the English speaking world which grant utilitarianism a privileged status: either as a source of inspiration or as a rival concept. From a theoretical point of view, it represents a major tradition and philosophical benchmark. From a practical point of view, it ranks among the most influential ethical and legal doctrines.

Thinkers developed utilitarian thought in the fields of ethics and ontology from Antiquity onwards. But utilitarianism, in its contemporary sense, emerges with Jeremy Bentham who expresses it in his principle of utility. It aims to “maximize the greatest happiness of the greatest number.” Bentham then systematizes its application, broadens its scope and establishes it as the primary principle of his philosophical system in the Introduction to the Principles of Morals and Legislation first published in 1789.

For utilitarian thinkers, ethics is founded upon the idea that the moral value of an action is determined by its potential to increase or reduce general happiness. In addition to being a moral theory, utilitarianism also applies to several practical and theoretical fields including politics, law, the philosophy of action, economics, and sociology.

This conference aims to examine on the one hand the roots of utilitarianism and on the other its legacy, evolution and development. More than two hundred years after the Introduction to the Principles of Morals and Legislation, what has become of utilitarianism? What has become of Bentham’s emblematic concepts: “felicific calculus,” happiness, pleasure, well-being, and the panopticon? Is it true that, in the words of Tim Mulgan, “perhaps the most important question dividing utilitarians is the definition of happiness or ‘well-being’ or ‘utility’ or ‘whatever makes life worth living.’”? (Understanding Utilitarianism, Stocksfield: Acumen, 2007)

In the light of such questions, we would like to encourage the opposition of interdisciplinary viewpoints (English studies, philosophy, sociology, law, economics, history etc.) on key political and social issues (justice, democracy, international law, rights, political economy, ethics etc.). In addition, we advocate the comparison of classical utilitarians (Bentham, Mill, Sidgwick), and 20th-century utilitarian theories (Hare, Moore, Singer).

The following themes could also be addressed:
- Demandingness, paternalism, sacrifice: is utilitarianism an extreme moral theory?
- Utilitarianism and applied ethics: animal ethics, environmental ethics, medical ethics, bioethics etc.
- Consequentialism.
- The integration or exclusion of utilitarian and deontic calculus and teleological considerations in practical reasoning.
- Utilitarianism and the protection of the individual.
- Universalism and particularism.
- Act, rule, and preference utilitarianism.
- Utilitarianism and the concept of desert.
- The political influence of utilitarianism.
- Utilitarianism and state intervention / non-intervention.
- Utilitarianism and international law.
- Utilitarianism and distributive justice.


Conférenciers invités/Keynote Speakers

Catherine Audard, London School of Economics
Tim Mulgan, University of St Andrews
Fred Rosen, University College London
Philip Schofield, University College London

 

Responsables scientifiques/Conference Co-Chairs

Malik Bozzo-Rey, Université de Paris Ouest – La Défense
Emilie Dardenne, Université de Rennes II

 

Comité d’organisation/Local Organizing Committee

Malik Bozzo-Rey, Université de Paris Ouest – La Défense
Emilie Dardenne, Université de Rennes II

 

Comité scientifique/Scientific Program Committee

Magali Bessone, Université de Rennes I
Malik Bozzo-Rey, Université de Paris Ouest – La Défense
Anne Brunon-Ernst, Université Panthéon – Assas
Jean-Pierre Cléro, Université de Rouen
Emilie Dardenne, Université de Rennes II
Emmanuelle de Champs, Université de Paris VIII – Saint Denis
Ann Thomson, Université de Paris VIII – Saint Denis